Protégée par les remparts des Laurentides et ouverte sur toute l'étendue du Lac Saint-Jean, Desbiens est favorisée par son site à l'embouchure de la rivière Métabetchouane, avec un riche passé qui remonte à plus de 5000 ans.

C'est à cet endroit où, en 1647, le premier Blanc, Jean de Quen, qui est missionnaire, met le pied au Lac-Saint-Jean. Le site de Desbiens représente un endroit approprié pour la mission qu'on lui a confiée avec son achalandage et son occupation pour les échanges entre nations amérindiennes. Aujourd'hui encore, on trouve à l'extrémité ouest de la ville deux monuments historiques: la poudrière, vestige de l'époque de la traite des fourrures et le mémorial de l'arrivée du découvreur.

Un peu plus tard, soit en 1676, ce lieu traditionnel de rassemblement des Indiens deviendra l'endroit privilégié pour l'établissement de la mission St-Charles et un poste de traite, pour le Roi de France, y sera érigé.

En 1759, la guerre fait rage entre deux grandes puissances pour la conquête du nouveau monde. Mais sous la force des canons et des armées du Roi Georges III d'Angleterre, la France capitulera en 1760. Désormais, le poste de traite de Desbiens sera administré par les Anglais.

L'année 1821 devient une date marquante pour la compagnie de la Baie d'Hudson. Avec l'aquisition du poste de traite par celle-ci, le commerce redevient florissant et avec lui, l'activité religieuse.

En 1842, la clause qui prohibe la colonisation est annulée. Les colons envahissent le Lac-Saint-Jean. À cette même époque, les pères Oblats rétablissent la mission Saint-Charles. Ils y batissent une chapelle avec un cimetière adjacent.

C'est en 1855 qu'un premier colon s'établit en permanence sur les terres de Desbiens: Denis Boivin, originaire de Baie-Saint-Paul. Il y construit une résidence pour sa famille.

Vers 1890, la colonisation contraint les Indiens à s'installer dans la réserve de Pointe-Bleue (aujourd'hui Mashteuiash). La communauté des Oblats alla s'établir à cette réserve, laissant les cultivateurs sans services religieux. Saint-Jérôme (aujourd'hui Métabetchouan-Lac-à-la-Croix), fondée en 1869, les intègre alors à ses ouailles.

L'industrie conjuguée à l'agriculture amène un essor considérable à Desbiens. La construction du chemin de fer et de son pont sur la rivière Métabetchouane, en 1892, provoque de grands changements. Recon-nue comme point de jonction, Desbiens établit la communication avec toutes les paroisses du Lac au moyen d'un bateau à vapeur pouvant contenir 300 voyageurs. En 1896, Louis Desbiens y construit une scierie. L'industrie regroupe quelques familles autour du moulin et il est convenu d'appeler l'aggloméra-tion «Desbiens», nom de son principal artisan. À trois reprises, la scierie est la proie des flammes. L'incendie de 1919 faillit coûter la survivance du village.

Desbiens doit son relèvement à sa chute Martine qui, d'après les ingénieurs, garantirait une force motrice considérable à qui l'exploiterait. Vers 1920, on entreprend les travaux. Bientôt les dynamos distribuent l'électricité jusqu'à Saint-Félicien. En 1921, on construit enfin un pont pour les piétons et les automobiles. Celui-ci remplacera le traversier. L'usine Saint-Raymond Paper achète le pouvoir électrique en 1922 et érige un moulin de pâtes et papier . Une quarantaine de familles s'établissent autour, dont plusieurs viennent de l'Acadie et de Saint-Raymond de Porneuf. L'usine sera elle aussi la proie des flammes à quelques reprises.

On ouvre au pont de la Métabetchouane, une desserte de Saint-Jérôme sous le nom de St-Émilien. C'est le retour de la pendule. Dès 1924, les fidèles obtienent l'autorisation de bâtir une église. En 1925, cent familles forment la population locale. Le temps d'un coup de barre constituant Desbiens approche. La providence intervient en faveur des Rédemptoristes. Le 16 juillet 1926, le Révérend Père Marcellin Néron devient le premier curé. Pour abriter la communauté, on aménage une maison en monastère.

Le 16 août 1926, un acte ministériel fera de Desbiens une municipalité.

L'usine Saint-Raymond Paper sera le moteur économique principal de la localité jusqu'à sa fermeture en 1980. Quelques années plus tard, soit en 1989, l'usine sera rachetée et transformée par la compagnie Jonhson & Jonhson (Les Produits Desbiens inc.).